vendredi 1 août 2008

La Tonada Trinataria (par Barry)


Música Tradicional Spirituana Vol. II, Tonadas Trinitarias
par le Conjunto Folklórico de Trinidad

(EGREM LD-4383,1987)


Liste des morceaux:

Side A:
1. Los Negros Congos (2:56)
2. El Simpá y el Tamarindo (2:46
3. Tu has Venido al Mundo (3:00)
4. Delirio (2:44)
5. A la Calle me Voy (2:20)
6. Pa' los Mayores (2:46)
7. Gloria Llegó (1:32)

Side B:
1. Para el Santo Juan de Dios (2:33)
2. Yo Vengo a Pedir Mercéd (1:58)
3. Las Mañanas de San Juan (2:00)
4. Canta Juana (2:50)
5. La Independencia (4:52)
6. Una Corona al General Maceo (3:24)


La "Tonada Trinitaria" est considérée comme un des antécédents de la Rumba.
Dans l'album d'Afrocuba de Matanzas de 1996 "Raices Africanas" on trouve la Tonada Trinitaria (sous forme de Yambú) "Pa' los Mayores":
Yo traigo pa’ los mayores de Pueblo Nuevo (bis)
Yo traigo los angelitos vestidos de oro
Las flores más elegantes de mi cantero

Clara le dijo a Cirilo:
“Cirilo, no me busques más”
Cirilo le dijo a Clara:
“Tu eres la mujer, tu eres la mujer de mi corazón”

Tún, tún, tún - ¿quién va?
Tún, tún, tún - ¿quién va?

“Soy tu marido mujer,
¿No me conoces la voz?
Abre la puerta, por Díos
Que eso sí no puede ser”

Estribillo: Llorona llorona, llorona no llores más

Cette chanson, avec sa si belle melodie et son texte si particulier (mais qui sont-donc ce Cirilo et cette Clara? Qu'ont-ils à voir avec ces "aînés" de Pueblo Nuevo? Et qui est cette pleureuse "llorona"?)
sont devenus un standard du répertoire de la rumba, et je me suis souvent interrogé à son sujet, et sur les tonadas trinitarias en général.
Que sont elles exactement? Comment les joue-t'on à Trinidad? Il est difficile de se documenter à ce sujet, et les documents sonores de ce style sont rares.
Nous allons ici tenter de répondre à toutes ces questions.

Le disque ci-dessus est venu récemment à ma connaissance, et il s'agit d'un des enregistrements les plus représentatifs de ces tonadas trinitarias. Depuis longtemps il est épuisé, et nous sommes heureux de le porter ici à la connaissance de nos lecteurs.
Afin d'apporter des réponses à nos questions, notre ami Johnny Frías, éudiant en ethnomusicologie à l'Université de Floride a partagé avec nous l'étude suivante:

Tonadas Trinitarias
par Johnny Frías
© 2008 Johnny Frías

"La Tonada Trinitaria est un genre musical originaire de la ville de Trinidad, à Cuba, située dans la partie centrale de l'île, bien connue pour son architecture coloniale et ses rues pavées."

Trinidad de Cuba
(Photo: Wikipedia)

"Ce genre possède d'évidentes origines africaines et a été influencé par la musique des campesinos blancs.
Trinidad était le centre de l'industrie sucrière de la province de Las Villas [aujourd'hui province de Sancti Spíritus] au XIXe siècle. Troisième ville fondée à Cuba, elle a été un port important dans la Caraïbe et le théâtre fréquent de la contrebande, à cause de sa situation particulière sur la côte sud de Cuba.
Avec l'essor du commerce du sucre aux XVIIIe et XIXe siècles, de nombreux esclaves y furent déportés, dans la vallée de San Luís (appelée aujourd'hui "Vallée des Ingenios"), berceau fertile de la production sucrière des environs de Trinidad. C'est là, dans la zone rurale entourant la ville, que la tonada trinitaria est née. 
["Tonada Trinitaria" signifie littéralement "chanson de Trinidad", bien que le terme de "tonada" soit connoté pour avoir été employé dans d'autres styles campesinos de Cuba. - ndt.]

Dans les barracones des esclaves, les Africains et leurs descendants ont été confrontés à la musique des paysans blancs, qui improvisaient des "décimas" au son de divers cordophones. Ils ont assimilé quelques unes de ces influences, et ont créé ce qui allait ensuite se développer en milieu urbain à Trinidad.
Les tonadas trinitarias remontent vraisemblablement à l'année 1851, selon les informations rassemblées par Enrique Zayas. Elles étaient pratiquées par les noirs de pauvre condition, par les métis et les blancs des quartiers marginaux, et préservées dans les cabildos de diverses nations africaines.
Vers 1860s ces musiques – connues auparavant sous les noms de tango puis de fandango – étaient pratiquées par des chanteurs et des joueurs de tambour lors des fêtes calendaires de Trinidad. Des orchestres originaires de différents barrios (quartiers), ou des alentours, de la ville se rencontraient pour chanter, danser, rivaliser, et parader dans les rues, tout comme le faisaient les coros de clave.
Les formations orchestrales se composent de chanteurs solistes ("guías" ou "gallos"), d'un choeur mixte, et de tambours. On donne à tous ces musiciens l'appellation de "tonadistas". Le choeur responsorial alterne avec différents gallos en compétition, improvisant des vers sur un thème donné.

Le gallo commence avec le thème ("tema" ou "estribillo") et est immédiatement rejoint par la percussion, puis le choeur lui répond. La métrique primordiale est ternaire, bien qu'elle contienne des éléments binaires, dans le chant comme dans la percussion. Ces groupes interprètent également de la rumba dans le même format d'orchestre, au sein de leur répertoire de tonadas, qui compte des centaines de pièces.
Les thèmes des chansons peuvent être patriotiques (ou politiques, ou bucoliques, ndt), amoureux, religieux, ou commenter le contexte social. Le répertoire se transmet oralement à travers les générations, et appartient maintenant entièrement au folklore, la plupart des auteurs étant inconnus.

Les instruments sont: trois tambours spécifiques de la tonada trinitaria, une muela ou guataca (lame de houe) et un güiro. Les tambours, de par leur mode de tension, ont une probable origine "carabalí", leur fûts sont courts pour faciliter le caractère déambulatoire des groupes. Ils sont appelés [du grave à l'aigu] "bombo" ou "salidor"; "un solo golpe" ou "marcador"; et "quinto". La muela, le güiro, le bombo, et le marcador jouent des cellules répétitives, alors que le quinto improvise."
Tambour de tonada trinitaria appartenant à Francisco Cuéllar,
Trinidad 1983 (photo du CIDMUC)

Notez les similarités de taille et le système de tension "à coins"
avec les tambours abakuá, d'origine carabalí
(frontière sud-Nigeria et Cameroun) ci-dessous:


Jeu de tambours abakuá
Ils sont plutôt côniques,
par opposition à la forme tubulaire
de ceux des tonadas trinitarias.

(Photo: Folkuba.com)

"Suit maintenant le seul disque de tonadas trinitarias existant, par le Conjunto Folklórico de Trinidad, qui inclut des tonadas dans son répertoire généralement joué au "Palenque de los Congos Reales".
Malheureusement, la plupart des vrais groupes de tonadas trinitarias ne sont plus actifs, et le répertoirene survit plus que dans la mémoire de quelques tonadistas. (…)"

Bibliographie::

-Esquenazi Pérez, Martha "Del Areito y otros Sones", La Habana: Ediciones Adagio, 2007.
-Giro, Radamés. “Tonada Trinitaria”, Diccionario Enciclopédico de la Música Cubana, 2007.
-Zayas, Efraín, interview, 7 Juillet 2008.
-Zayas Bringas, Enrique. “La Tonada Trinitaria: También es Campesina.”

*******

Nous ajouterons ici quelques extraits de l'article de Rolando Pérez's "El Tambor en las Tonadas Trinitarias" dans "Clave", La Habana, 1986:
"Las tonadas dejaron de salir a la calle en 1958, ya muertos Alfonso Puig y Venerando Lugones, sus propulsores. Sus respectivos sobrinos: Manuel Quesada Puig y Francisco Cuéllar Lugones... continuaron, algunos años más tarde, la vieja tradición."

("Les tonadas ne "sortent" plus depuis 1958, date de la disparition d'Alfonso Puig et de Venerando Lugones, ses principaux protagonistes. Leurs neveux, Manuel Quesada Puig et Francisco Cuéllar Lugones ont repris l'ancienne tradition, quelques années plus tard.)
"En tiempos pasados se establecían controversias entre los grupos de tonadas de diferentes barrios como los de Jibabuco y el Simpá, en las que se decían, a través del canto, las cosas que se sabían uno de otro. Es por ello que, al decir de Manuel Quesada ("Bola"), las tonadas eran cantos de picapleitos que a menudo terminaban de bronca."

("Dans les temps anciens se formaient des "controversias" (duels verbaux) entre les groupes de tonada groups de divers quartiers comme ceux de Jibabuco et du Simpá, dans lesquelles on divulgait, en chanson, ce qui se racontait au sujet de l'autre groupe. C'est pourquoi, comme le disait Manuel Quesada ("Bola"), les tonadas étaient des chants de controverses qui finissaient souvent en rixes.")

"Las tonadas se cantaban y tocaban en ocasión de la Fiesta de San Juan y San Pedro los días veintitrés y veintinueve de junio respectivamente. La víspera de San Juan se cantaba por las calles durante toda la noche, y al amanecer los músicos iban al rio y se lavaban la cara con sus aguas, costumbre que evidencias las vinculaciones religiosas de esa tradición musical."

("Les tonadas se chantaient et se jouaient lors des Fêtes de Saint Jean et de Saint Pierre, respectivement les 23 et 29 juin. La veille de la Saint Jean on chantait dans les rues toute la nuit, et à l'aube les musiciens allaient se laver le visage à la rivière, usage qui met en évidence les rapports à la religion de ces traditions musicales.")


"Según nos han comunicado, las tonadas se tocaban también en las festividades de San Antonio (trece de junio), patrón del Cabildo de Congos Reales de Trinidad. En relación con esto debemos recalcar que las tonadas trinitarias han estado asociadas en su desarrollo con dicho cabildo. Algunos de los integrantes pertenecian y pertenecen aún al grupo de tonadas. Un ejemplo de ello fue Venerando Lugones, quien era cajero - tocador de caja - en el cabildo y tocador de quinto en las tonadas."

("Selon ce qu'on nous a dit, les tonadas jouaient également à la Saint Antoine (le 13 juin), Saint-patron du cabildo de Congos Reales de Trinidad. En relation avec ce fait nous devons souligner que la transformation des tonadas trinitarias a été associée avec ce même cabildo. Certains de ses membres appartenaient et appartiennent encore à des groupes de tonada. Comme par exemple Venerando Lugones, qui était cajero - (joueur de caja) - dans le cabildo et joueur de quinto dans les tonadas.")

Revenons à "Pa' los Mayores", qui est classée comme yambú par Afrocuba de Matanzas, alors qu'elle contient des éléments d'au moins trois genres cubains différents:
-nous savons qu'elle a des origines dans la tonada trinitaria,
-de plus, à propos du refrain "Cirilo y Clara", Helio Orovio nous dit "qu'elle est une conga",
-et enfin Rolando Pérez dit de "Llorona llorona, llorona no llores más" qu'elle serait une "rumba managua", genre accompagné par les mêmes tambours de tonadas trinitarias, dans les cabildos congos de Trinidad.

ÉCOUTEZ ici "Pa' los Mayores" dans sa forme de Trinidad:



Téléchargez l'album complet en cliquant ICI.

(ndt. - grâce à Daniel Chatelain:)
En 1986, Rolando Pérez a publié dans le n°3 de la revue cubaine "Clave" un article de huit pages d'une remarquable précision sur le sujet (trop rare) de la tonada trinitaria.
Cet article a été traduit en français en 1997 par Francis Genest et publié dans le n°58 de la revue Percussions de Michel Faligand. Les photos sont du Cidmuc et les illustrations d'un certain Sr. Cordoba. Je ne sais si elles ont été publiées dans l'article de Percussions. Les voici:


Dans les divers articles publiés, on compare les tambours de tonada trinitaria aux tambours enkomo abakuá, et si leur similitude est grande, on oublie généralement de préciser que ces tambours se jouent assis et à deux mains - alors que les enkomo se jouent debout et d'une seule main, l'utilisation de l'autre main étant limitée à des "touches".


Sur cette seconde photo, ainsi que sur l'illustration qui suit, on constate également que les "zunchos" (cercle de cordes maintenant les coins) sont situés plus haut que sur les tambours enkomo (voir les photos de tambours abakuá plus loin).



Tambours enkomo abakuá:




On note généralement, dans les divers ouvrages publiés sur la tonada trinitaria, une différence morphologique supplémentaire entre tambours de tonada trinitaria et enkomo: les premiers sont cylindriques et les seconds légèrement côniques. Notons également que les tambours de Trinidad sont également un peu plus grands que ceux des abakuá.

lundi 28 juillet 2008

Disparition d'Orlando "Puntilla" Ríos 1/3


Ce jour, mardi 12 août 2008, à 1h30 du matin, Orlando Ríos dit "Puntilla" nous a quitté, suite à un nouvel accident cardiaque.
Il était né à La Havane en janvier 1947.
Ned Sublette nous dit "qu'il était sous dialyse depuis plusieurs années".
Arrivé aux USA avec la vague des Marielistes, il avait changé à lui tout seul le paysage des batá à New York, devenant LA source nouvelle pour tous les bataleros américains.
Il était également connu comme un grand rumbero, et a marqué son arrivée aux USA avec son interprétation de "Oferere" et de "Arere" sur le disque "Totico y sus Rumberos" (MONTUNO MCD 515) en 1992, dont il est d'emblée le directeur musical.
Sur la pochette ci-dessous, Puntilla est le petit homme appuyé au réverbère, et semble frigorifié, les mains dans les poches de son blouson de cuir.


Voici la décima de "Arere":

Oye señores caramba,
le voy a hacer un relato
que por un río yo pasé
Parado allí yo me quedé
a contemplar el agua limpia
fresca y clara
Mi alma recocijada
una Santa me encontré
al verla yo me impresioné
Oye, que me dijo vacilante:
“camina muchacho un poco más pa’lante
y encontraras a Eleguá,
Santo que sin ninguna mata
te limpiará tu camino
Obatalá es tu camino,
oye, pues te cuida sin cesar
y te librará, muchacho
de toda tu males y manías
tu ves…
Omoni Alawana mama ke nya irawo, e…




Présidant avec succès de nombreux "tambours" dans les caves de New York et de la côte est-américaine, il avait immédiatement après son arrivée aux Étas-Unis monté son propre groupe, "Nueva Generación" avec lequel il a d'emblée enregistré un album live: "Spirit Rhythms" (LATITUDES LAT50603) en 1987. Ce cd est complètement épuisé, même sur le site de Latitudes.

(Photo tirée de "Orin Oricha" de John Mason)


(Román Díaz et Puntilla)

Il participe ensuite à l'ambitieux projet "Santísimo" d'Emilio Barretto, dont le premier album est retentissant, de nombreux directeurs de troupes folkloriques de Cuba rêvant encore d'avoir un choeur "sonnant" comme celui qui figure sur ce magnifique cd. Outre ces prouesses chorales, le disque contient plusieurs joutes vocales entre Emilio Barretto, (dont certains trouveront ses interprétations non-traditionnelles quelque peu déroutantes) et une Amelita Pedroso démontrant toute sa maîtrise et toute sa classe.
Puntilla nous gratifie, lui, d'un iyesá pour Iroko et Ochún particulièrement savoureux:

"Kó kó kó Iroko mo iyesá
E bí abba uchiche Arabba
Arabba sise oguedde
E bí abba sise Arabba
Arabba sise oguedde
Iroko lo iyesá
Gba ilé kó kó kó


Santísimo, premier album
(les couleurs de la pochette ont été changées)


Le second disque du projet Santísimo est un tambour "double" enregistré dans les conditions d'une cérémonie, avec un son beaucoup plus approximatif mais beaucoup plus authentique:

Santísimo, second album


Parallèlement, Puntilla participe à l'enregistrement des deux albums de Deep Rumba (ou "Rumba Profunda"), avec de nombreuses stars du Latin Jazz:
-"Alto en la Fiebre de la Rumba" avec Horacio "El Negro" Hernández, Robby Ameen, Xiomara Laugart, Andy González, Richie Flores, Paoli Mejías, Haila Monpié, Giovanni Hidalgo, Román Díaz, Pedrito Martínez…

et
-"This Night Becomes a Rumba", avec plus ou moins les mêmes musiciens, plus Milton Cardona, Rubén Blades et Jerry González:


Plus récemment, au début des années 2000, Puntilla renoue les contacts avec les rumberos de La Havane pour deux albums de pure rumba:
Le premier d'entre eux doit constituer la bande originale du film de Marta Moreno Vega et Bobby Shepard:
"Cuando los Espíritus Bailan Mambo":


On peut déplorer que ce magnifique film ne soit toujours pas en vente…


Le cd:
Sur ce double-album figurent quatre groupes, plus un groupe de rap, "Anónimo Consejo", soit:
-Los Egun Hablan (en fait il s'agit de membres de Rumberos de Cuba).
-Grupo Yoruba Andabó
-Conjunto de Clave y Guaguancó
-El Conjunto Estrellas Cubanas, une célèbre charanga, jouant un "violín a los Orichas".


Le second d'entre eux, bien qu'ayant été enregistré en 2003, n'est sorti qu'en 2007. Il s'agit encore une fois du groupe Rumberos de Cuba - rebaptisé pour l'occasion "Puntilla y el Conjunto Todo Rumbero", avec de nombreux invités:


Puntilla y el Conjunto Todo Rumbero -
A Tribute to Gonzálo Asencio Tío Tom, 1919-1991
(SMITHSONIAN FOLKWAYS SFW40543-101)
.

L'album ne comporte que des rumbas écrites par ce dernier, à l'exception d'une columbia en son hommage. Vous trouverez la quasi-totalité des paroles de ce disque sur le site du cancionero rumbero.
Vous pouvez également en écouter des extraits et en télécharger le livret ICI.


Les musiciens sur ce cd sont, outre Puntilla,
El Conjunto Todo Rumbero (Rumberos de Cuba):
-Maximino Duquesne (tres-dos)
-Marquito Herminio Díaz (tumbador)
-Mario "Aspirina" Jáuregui (quinto)
-Ernesto Gatel (chant)
-Aidita (coro)
-Miguel Ángel Mesa
et
Les invités:
-El Goyo Hernández
-Lázaro Rizo
-Geovani del Pino
-Juan Cámpos Cárdenas "Chán"
-Miguel Chapottín Beltrán

(avec Michele Rosewoman, du "New Yor-Uba" ensemble)

(janvier 2004, La Havane)

Malheureusement, de nombreux problèmes de santé commencent à peser sur la vie de Puntilla, dès le début des années 2000.
Sa magnifique énergie passée s'estompe peu à peu, et sa magnifique voix se détériore, ainsi que son oreille. On l'entend de plus en plus, c'est un drame pour tous ses fans, il a de nombreux problèmes de justesse, chose qui jamais ne lui arrivait auparavant. Il vient se faire soigner à Cuba, le système de santé américain coûtant très cher, et en janvier 2004 il organise chez lui à La Havane une magnifique rumba à laquelle nous avons eu la chance d'assister. Dans son salon, ses amis visionnent les rushes du film "Cuando los Espíritus Bailan Mambo". Au dehors, El Negro Triana et Salazar chantent sans relâche. Chapottín, Ernesto Gatel, Chaguito, et une vingtaine d'autres rumberos sont là. Puntilla porte un énorme pansement abdominal et ne chante pas, mais avant de souhaiter à tous une bonne nuit, il entame "Mi Arere" sur le perron, et demande à Ernesto Gatel de poursuivre avec "El Trovador". Voici l'enregistrement de ce moment-là:




La place de Puntilla dans le monde rumbero et santero est grande, il est également reconnu dans le monde plus fermé du Latin Jazz: quand Fernando Trueda s'offre le luxe de louer les studio Sony pour son film "Calle 54", il fait appel à Puntilla pour la rumba qui cette année-là est dans toutes les têtes:

"Si a Compay Galletano ¿cómo sin diente wa a mole'?
Wai, wai, wai ilaso
Wai, wai, wai ilaso
Wai, wai, wai ilaso
Kó kó wa a mole"


Il a réuni pour l'occasion dans "Nueva Generación" pas moins que:
Patato Valdés, Andy González, Román Díaz et Pedrito Martínez.
Je me souviens, quand le film est passé sur Canal+, avoir visionné des dizaines de fois la cassette vidéo, et toujours la chair de poule à fleur de peau. Chez moi, les enfants chantaient en boucle: "Ma ni Lodo, ma ikokó ka iña…"

Ibae ibae n'tonú Orlando Puntilla…

Voici pour terminer quelques extraits venus de YouTube. Un grand merci à ceux qui les ont "postés".








Dans ce dernier extrait, Amadito (le fils d'Amado Dedeu), Ernesto Gatel (qui affirme que Puntilla est sa principale source d'inspiration) et Tata (Pedro Franscisco Almeida Berriel) sont en ligne avec Orlando… émouvant.

dimanche 27 juillet 2008

Disparition d'Orlando "Puntilla" Ríos 2/3

Images de Puntilla:
(De Guarachón:)
"Notre ami Gene Golden nous transmet ces photos de Puntilla, prises par Allen Spatz lors du Smithsonian Folklife Festival le 28 Juin 2008. Plus de photos sur www.vinilemania.net.

Gene Golden, Puntilla, et Abraham Rodriguez




Photos prises lors du Damrosch Park Show