Cette année marque le 45e anniversaire du Conjunto Folklórico Nacional, et aujourd'hui est le 44e anniversaire de son premier concert le 25 juillet 1963. Pour commencer, nous sommes heureux de vous présenter quelques extraits photographiques du catalogue original du CFN datant de 1963. Mille mercis à Román Díaz et Berta Jottar pur avoir eu la gentillesse de partager ce document avec nous (et avec vous). La quasi-totalité des (nombreuses) photos du catalogue est sur notre nouveau site. Allez au NOUVEAU BLOG sur le CFN EN CLIQUANT ICI
En plus du livret écrit par Rogelio Martinez Furé, le catalogue contient des photos historiques des artistes principaux de cette première version du CFN, tels Carlos Aldama, Lázaro Ros, Jesus Pérez, Trinidad Torregrosa, Nieves Fresneda, Luis Chacón, Ricardo Gómez Santa Cruz, etc…. Voici quelques extraits non-retouchés (cliquez sur les photos pour les agrandir).
(Isora Pedroso en Eleguá, Carlos Aldama, Armando Sotolongo et Alfonso Aldama)
(Trois parmi les sept "Informantes" du CFN: Manuela Alonso, Emilio O'Farril et Lázaro Ros)
(Ricardo Gómez Santa-Cruz, Luis Chacón Mendivel et Orlando López "El Bailarín"
Téléchargez la version complète (68 pages) au format pdf (18MB) en cliquant ici.
Dedicado a nuestro amigo Yamil de Milano: su papá José Castillo Herrera.
(Posté par Guarachón) Cela faisait un petit moment que nous n'avions pas eu de nouvelles d'El Goyo, aussi Guarachón at-til décidé de publier une nouvelle columbia du Conjunto Folklórico Nacional. Cette magnifique vidéo met en scène aux percussions Alfredo O'Farril (tumbadora), Mário Jáuregui "Aspirina" (quinto), et Justo Pelladito (tres-dos). Les 4 danseurs sont (par ordre d'apparition): Jorge Dixon, Ricardo Jáuregui "Aspirina", Yohanes García et Domingo Pau. Le musicologue Rogelio Martínez Furé présente la musique, et apparaît fréquemment. El Goyo nous a une fois de plus apporté son aide pour les textes, et nous l'en remercions encore une fois.
Les textes:
Gallo: Bomboró-o, na-na Bomboró-ro-ro, ro, a... La rumba no es como ayer, Tula E, Mulenze a e A wá ma o ma gba ko sere ndio Coro: Layé, Layé Gallo: ¡Ay Dio-o-o'! Alapi okán, Alapi okán (bis) Layé Layé oro mi so... Coro: Layé, layé Gallo: ¡Ay Dio'!...Ya yo no como la lisa porque es un peje liviano (bis) Camina de mano en mano y a todos les causa risa Ronco, ay Dios... Yo no como longaniza, porque me sabe a majá Y yo no como carne asa', por no arrimarme al fogón Yo no como camarón, Ronco, porque camina pa' trá'-a-a Orororó..., a... Coro: Ronco, Alakata, Ronco Onilé yo Coro#2: A, Onilé yo Coro#3: A wá mbe ró, a wá mbe ró (bis) Se quema Yamima, a wá mbe ró Gallo: Se quema Yamima... Coro: A wá mbe ró Coro: Oba ere Gallo: Arere, Arere o Coro: E, aribo ya ya
* * *
À propos des textes, El Goyo nous dit: "À propos de Yamima: un jour qu'il y avait une rumba dans un solar à Cienfuegos, parmi les rumberosil y avait Roncona [Benito Gonzáles, (189? - 1950)]. Une femme du solar s'est mise à brûler et quelqu'un a crié: "¡Se quema Yamima!", et Roncona a chanté: "A wá mbe ró, a wá mbe ró, se quema Yamima a wá mbe ró". Il existe une autre version: "A wá epero, a wá epero, se quema Yamima a wá epero.""
De Guarachón: "J'adore cette histoire, bien que je ne sache pas si la Yamima en question était littéralement en train de brûler, ou au sens figuré, en tout cas, on n'a pas pour autant arrêté la rumba". Quoi qu'il en soit, voici la traduction de la partie espagnole des textes:
Je ne mange pas de mulet, parce que c'est un petit poisson Il passe de mains en mains, et tout le monde se moque de lui Je ne mange pas de saucisse de foie, parce que ça a goût de serpent Je ne mange pas de viande grillée, et ne m'approche pas du foyer Je ne mange pas de crevette, parce qu'elle marche en reculant"
Vous pouvez télécharger une version de qualité de cette vidéo en cliquant ici.
À Cuba, les musiques traditionnelles, celles qui sont considérées comme les plus anciennes, sont principalement les musiques jouées dès les XVIIIe et XIXe siècles par les esclaves importés d'Afrique. Ces musiques sont majoritairement rituelles, mais parfois également profanes. Certaines sont métissées de traditions européennes. Ces musiques ont été recensées, elles sont classées en à peu près une centaine de styles disséminés dans toute l'île. Il arrive parfois que certaines musiques anciennes des paysans blancs soient également considérées comme traditionnelles. Dans un futur relativement proche, certaines musiques dites "populaires" du début du XXIe siècle seront sans doute également considérées comme traditionnelles.
Le Conjunto Folklórico Nacional de Cuba est une institution considérable, ayant regroupé tous les meilleurs spécialistes des musiques traditionnelles de Cuba. Il agit comme un Conservatoire de musiques, dont certaines sont malheureusement en voie de disparition. Il comprend actuellement 109 membres dont dix percussionnistes titulaires. Il est une des créations initiales de la Révolution castriste. Peu après l'accession au pouvoir des "rebelles" castristes, en janvier 1959, une nouvelle institution est créée, qui portera le nom de "Teatro y Danza Nacional". Elle se divisera en cinq départements: -Le Département de Musique, qui deviendra la Orquesta Sinfónica Nacional. -Le Département de Danse Moderne, qui deviendra le Grupo de Danza Contemporanea. -Le Département de Théâtre. -Le Département Choral, qui deviendra le Coro Polifónico Nacional, et -Le département de Folklore, qui deviendra le Conjunto Folklórico Nacional, fondé le 7 mai 1962 Jesús Pérez, un des musiciens les plus importants du folklore yoruba, s'était déjà considérablement investi dans Teatro y Danza Nacional, et dans des tentatives, dirigées par Gilberto Valdés, d'oeuvres symphoniques dans lesquelles intervenaient des percussions traditionnelles (les tambours batá). Les musicologues Argeliers León, María Teresa Linares et Rogelio Martínez Furé ont été investis dans la direction du CFN. Des auditions furent organisées, et on sélectionna parmi plus de deux cent cinquante postulants une soixantaine de musiciens et de danseurs tous spécialistes dans divers domaines du folklore cubain. Ces "artistes" (comme ils fallait les appeler dorénavant) engagés étaient tous investis à divers degrés dans les différentes religions afro-cubaines, ce qui n'a pas été sans poser des problèmes de conflits, dont certains ont parfois dégénérés en drames. Un autre sujet de conflits a été celui (délicat en termes d'éthique) de présenter sur scène des traditions religieuses dont certaines étaient secrètes, sinon sacrées. Ces artistes sont rémunérés, comme tous les musiciens professionnels de Cuba, selon une classification "A", "B" ou "C", correspondant à leur niveau estimé par des évaluations régulières, et selon une grille de salaire adéquate.
(Jesús Pérez - Crédits photo: John Amira)
Outre Jesús Pérez, parmi ceux que dorénavant on appellera "membres-fondateurs" du CFN, citons: Trinidad Torregrosa, Lázaro Ros, Nieves Fresneda, José Oriol, Manuela Alonso, Emilio O'Farrill, Roque Duarte, Carlos Aldama, Mario Jáuregui "Aspirina", Luis Chacón "Aspirina", Lázaro Galarraga, Gregorio "El Goyo" Hernández, "Pancho Quinto" Mora, Mario Dreke "Chavalonga", Justo Pelladito, Felipe Alfonso, Zenaida Armenteros, Librada Quesada, Fermín Naní, Concepción Delgado, et bien d'autres encore. Les artistes engagés travaillent d'emblée tous ensemble, partageant leurs connaissances, et collaborent à des projets d'envergure qui, utilisant des éléments traditionnels très authentiques, permettent de monter les premières pièces figurant au répertoire du ballet.
(Ciclo Yoruba)
Le 25 juillet 1963, le CFN présente ses deux premières oeuvres: la première oeuvre prend le nom de "Ciclo Yoruba". La culture yoruba de Cuba étant prépondérante, et son répertoire si vaste, il était logique que la première oeuvre du CFN traite de ce sujet.
La seconde est appellée "Rumbas y Comparsas", et met en scène ces deux styles de musique qui sont à la frontière entre musique traditionnelle et musique populaire.
(Ciclo Abakuá)
Le 8 juillet 1965, le CFN présente au public trois nouvelles oeuvres: "Ciclo Yoruba-Iyesá", "Ciclo de Música Popular" et "Ciclo Abakuá". La présentation du "tableau" abakuá crée une quasi-émeute: un abakuá initié dans le public lance une salutation rituelle à un danseur revêtant un costume d'íreme, et, celui-ci ne répondant pas, commence alors le scandale: "Ce type-là n'est pas abakuá!, il n'a pas le droit de danser cela!!". On est obligé de faire intervenir la police au beau milieu du spectacle.
Le 21 août 1971, la nouvelle oeuvre du CFN nommée "Alafín de Oyó" ("le Prince d'Oyó" - tableau yoruba) est inaugurée. Le 26 décembre 1974, une nouvelle oeuvre est présentée, qui porte le nom de "Estampas Cubanas".
Sur l'affiche ci-dessus datant probablement des années 1970, au voit au centre Gregorio "El Goyo" Hernández (avec la machete), et Juan de Dios Rámos "El colo" (en bas à gauche). Au fond à droire: Mario Jáuregui. (cliquer sur la photo pour l'agrandir). Les créations du CFN se sont enchaînées avec le temps, et son répertoire actuel est considérable. Pour plus d'informations sur le CFN, visitez le site Afrocubaweb ou lisez l'excellent ouvrage de Katherine Hagedorn "Divine Utterances", où sont révélées certaines incroyables anectodes sur l'histoire du Conjunto Foklórico Nacional. Faire partie (ou avoir fait partie) du CFN constitue pour n'importe quel artiste folklorique cubain un "must" dans son curriculum vitae.
Nous préparons un grand article plus conséquent sur le Conjunto Folklórico Nacional, que nous publierons bientôt, avec la collaboration de nos amis de New York: Barry Cox et de Berta Jottar.
(de Guarachon): Encore un extrait de l'émission de la TV cubaine "Encuentro de la Música". Nous supposons que Cándito Zayas assure ici le chant principal, que quelqu'un nous corrige si nous faisons une erreur. Il s'agit d'une belle version de "Tu Eres muy Niña". Les mélodies diffèrent sensiblement des versions chantées par Carlos Embale. Ce guaguancó est présenté comme "Rumba de Tiempo España", et les cajones sont naturellement là pour renforcer cette idée. Il s'agit également encore une fois de "Rumba mimétique", et Lalá (la-femme-qui-ne-sait-rien-faire) frotte le sol. Vous pouvez télécharger une meilleure version de cette vidéo ici.
(de Guarachon): Toujours en relation avec le 70e anniversaire de El Goyo Hernández, voici un clip du CFN interprétant "Mamá'Buela", avec Goyo parmis le coro. Ce Yambú peut être classifié comme "Rumba mimétique" ou comme "Rumba de Tiempo España". Même si on ne parle pas español, ce qui se passe ici est tout simplement évident à constater: le petit garçon ne veut pas aller à l'école, et sa Mamá Abuela utilise des arguments de choc pour qu'il change d'avis. Si quelqu'un en possède une meilleure copie, envoyez-la moi svp. Vous pouvez en attendant télécharger cette version.
Voici une première présentation des "Pregones" des vendeurs de rue par le Conjunto Folklórico Nacional. Les pregones, à travers le Son, sont devenus un style musical populaire dans le Son-pregón, au moins depuis le fameux "El Manisero" écrit en 1929. Le chercheur portoricain Cristobal Diaz Ayala a publié un livre entier sur l'histoire des pregones dans la musique latino-américaine: "Si te quieres por el pico divertir". Helio Orovio, dans son "Dictionnaire de la Musique Cubaine", écrit à l'article "el Pregón Cubano": "Sobre la estructura musical del pregón dice [Miguel] Barnet: Los pregones cubanos tienen dos caracteristicas principales. En primer lugar, el melisma, rasgo propio de los pregones de mangueros; estilo comparable con el cante jondo o cante flamenco, el uso del falsete y otros trucos de ejecución, gorjeos o jipíos. En segundo lugar, la apoyatura que se observa al final de los pregones de maniseros, tamaleros y otros vendedores; es como un cierre cortante del pregón en que se rompen la primeras sílabas de una palabra". Ma traduction: "Sur la structure musicale des pregones, (Miguel) Barnett écrit que: Les pregones cubains possèdent deux caractéristiques principales. En premier lieu, le "mélisme" ("mélodie ou fragment de mélodie chantée sur une seule syllabe"; ndt), qui est le trait principal des pregones de mangüeros (vendeur de mangues), comparable au cante jondo ou au cante flamenco dans leur usage de la voix de fausset et d'autres éléments d'éxecution, comme les trilles ou ou les cris de lamentation. En second lieu, l'usage de l'appogiature qu'on peut observer à la fin des pregones de maniseros, tamaleros et autres vendeurs; Celle-ci constitue la conclusion tranchante du pregón dans laquelle on supprime les premières syllabes d'un mot".
Quelqu'un peut-il nous aider à identifier les pregoneros? Le premier pregonero (le frutero); le second, le mangüero, est El Goyo; le troisième (l'escobillero) nous est également inconnu; le quatrième, le yerbero est le légendaire akpwón Felipe Alfonso Pérez; la tamalera ne semble pas être Zenaida Armenteros, qui joue ce rôle dans le second extrait proposé plus loin. Télécharger une version de meilleure qualité ici.
Voici un second clip des pregones du CFN. Dans celui-ci, on notera la présence de Juan de Dios Rámos "El Colo" (l'escobero), de Lázaro Ros (le tamalero), de Zenaida Armenteros (la bollera), de Felipe Alfonso (le yerbero), de Gregorio Hernández "El Goyo" (le mangüero). Il nous manque encore le nom du premier pregonero, tous les avis sur celui-ci sont par conséquent les bienvenus. Ci-dessous le détail des pregones:
Premier pregonero (inconnu):
Son de la güira pintón y verde, son de la güira pintón y verde plátano Oigan bien, por una peseta, oye, maduro pintón y verde plátano Hoy le vendemos caseras, coles de repollo Pimientos de relleno, amarilla calabaza Malanga, yuca y boníato, de tierra prieta los ñames Bien barato el maíz tierno Oye, veinte por un medio, tomates colora'o, a wé Son de la güira pintón y verde, son de la güira, pintón y verde plátano Oiga bien por una peseta, oye, maduro pintón y verde plátano
Segond pregonero (Juan de Dios)
¡Óyelo óyelo óyelo!… ¡Óyelo óyelo óyelo bien!… ¡Óyelo óyelo óyelo!… ¡Qué lindo pregón! Frazaditas pa'l piso, a peseta, palitos de tendederas No se le ensucian la ropa, ni se le rompe el cordél Casera le vendo… tendederas de alambre, para tender la ropa Y son tan buenas, que no se le cae el palito Ya son las doce del día, y el rostro me va sudando Y yo con mi melodía, me voy y sigo cantando Frazaditas pa' el piso… A peseta…
Troisième pregonero (Lázaro Ros):
Me voy… ¡Pican!… ¡Tamalero!… Oiga, casera… Oiga casera asómete a la puerta o al balcón Para que escuches mi pregón Pero vamos a cenar, pero vamos a cenar, el tamalero, óigalo Él que los vende llegó, con picante, y sin picante hay tamales Hay chicharrones y bollos, pero vamos a cenar Caserita cómpreme Me voy… ¡Pican!… ¡Tamalero!…
Quatrième pregonero (Zenaida Armenteros):
Ya llegó, ya llegó… Público oyente Pero cómpreme un bollito caliente, pruébelo y Ud. me dirá Ya llegó… Pero, ya llegó… la que vende los bollos, calientes ¡Calientes! Ekó ekó, olele, ekó ekó, olele Chicharrones de tripitas, ekrú y bollo caliente
(ekó = tamal de harina de maíz o harina de maíz) (olele = tamal de frijol de carita, para Ochún y Yemayá) (ekrú = tamal de frijoles envuelto en hoja de plátano)
Cinquième pregonero (Felipe Alfonso):
¡Yerba!… El abrecami-no… Raíz de jíba, el palo malambo… Traigo palo yaya, casera, traigo el rompesaragüey La yerba buena, el toronjil Pero ay, ay, ay, ay... ¡Yerba!…
Sixième pregonero (El Goyo)
¡Oye mangüeeeeee! Y de Torrecilla (?), e Ya se va la carriola, oye como llevo mango ¡Oye mangüeeeeeeeeee!
Cliquer ici pour télécharger ce clip avec une meilleure qualité (88 megas)
(traduction par Patricio, textes par Guarachon & Patricio)