jeudi 2 juillet 2009

Martha Galarraga menacée d'expulsion par l'État français: un absurde scandale culturel…


Martha Galarraga n'est pas une artiste anodine: elle est la fille de Lázaro Galarraga, un des plus grands akpwones de Cuba, reconnu (lui) comme un artiste majeur aux USA.
Au vu de sa carrière et de son talent, Martha est l'une des plus illustres chanteuses afro-cubaines, avec Amelita Pedroso, Caridad La Bembona et Teresa Polledo.
Martha est venue vivre en Europe en 1998, tout d'abord en Allemagne, où elle a obtenu sans aucune difficulté un permis de séjour permanent. Elle est ensuite arrivée à Paris en 2002, et n'a eu aucun problème jusqu'en juillet 2008.
La Préfecture de Paris transmet alors son dossier pour enquête à la DDTEFP (Direction Départementale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle), qui dépend du Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de Solidarité (quel joli mot!!) et de la Ville.
Le 29 septembre 2008 on lui refuse le renouvellement de son permis de travail. La DDTEFP exige un contrat de travail de plus de trois mois chez un même employeur. Martha trouve un contrat (auprès de l'association Odduara, croyons-nous) garantissant 43 cachets sur 12 mois, que la DDTEFP refuse de valider. Elle met la barre plus haut, en exigeant un contrat de six mois minimum, que Matha fournit: nouveau refus. Quel fonctionnaire zêlé est assez obtu pour ignorer qu'un musicien en France n'obtient que très rarement d'une contrat de telle durée, à moins de travailler avec un artiste majeur ou une compagnie de théâtre ou de danse capable de tourner six mois d'affilée…??

"Le 26 mai dernier la carte de séjour de Martha a été saisie par le 6e bureau de la sous-direction des étrangers de la Préfecture de Paris. Martha n'a plus le droit de travailler".


Conséquences catastrophiques en cascade:
-1° Martha devient de fait un travailleur "sans papiers"
-2° Elle ne touche plus aucune indemnité ni droits ASSEDIC
-3° Elle ne peut quitter le territoire français: adieu au London Lukumí Choir dont elle assume la direction.
-4° Elle perd tous ses emplois en France, dont son poste de professeur à l'ISAAC.
-5° Elle perd son travail avec l'Ensemble Nord-Sud lors de leur prochaine tournée au Brésil
-6° Elle doit attendre 1 à 2 ans une décision du Tribunal Administratif.
-7° Elle peut être expulsée à tout moment et renvoyée à Cuba: retour à la case départ.
-etc, etc…

De quoi Martha est-elle soupçonnée? Comment une personne aussi droite, saine, humaine, joviale et sérieuse comme elle peut-elle déplaire à ce point aux autorités (censées) compétentes?
Selon certaines sources Martha "changerait trop souvent d'employeur". On se demande bien quel délit ce fait pourrait bien constituer. Selon d'autres sources Martha "ne paierait pas assez de taxes" et "n'aurait pas une activité professionnelle suffisante".

De quel droit peut-on empêcher de manière aussi absurde la carrière internationale d'un artiste quel qu'il soit. Martha n'a aucun problème avec quiconque, et pas avec l'État cubain - est-elle accusée de communisme? Préfèrerait-on qu'elle demande l'asile politique? Martha ne veut pas d'un mariage de complaisance, ni de quelque autre "magouille" que ce soit pour obtenir un permis de séjour. Elle est une personne droite et honnête, fatiguée aujourd'hui de se débattre avec les absurdités d'une autorité qui a décidé d'en faire une hors-la-loi.

Martha n'a rien d'autre pour se défendre que des armes culturelles. Il faut donc que son cas fasse suffisamment scandale pour remonter jusqu'au nouveau Ministre de la Culture, Mr Frédéric Miterrand, qui seul désormais peut la sauver.
IL FAUT DONNER À SON CAS UN RETENTISSEMENT CONSIDÉRABLE.
Journalistes, écrivains, scientifiques: à vos plumes!! L'avocate de Martha a besoin de matière médiatique pour étayer sa défense.
Rappelons également qu'un pétition de soutien ayant rassemblé 1300 signatures n'a pas fait vaciller une seule seconde l'institution.

(Martha avec Mark Lotz en Hollande)

Tentons maintenant de répondre brièvement à l'argument:
"Martha Galarraga n'a pas d'activités professionnelles suffisantes":

-tapez "Martha Galarraga" dans le moteur de recherche de Youtube et vous obtiendrez 18 réponses. On y voit Martha dans de nombreux contextes (ce qui prouve qu'elle est une artiste polyvalente qui n'est pas enfermée dans un seul style musical), en France, à Cuba, au Mexique, à la Martinique…
-tapez également "Martica Galarraga" ou "London Lucumí Choir" (11 réponses), ou encore 'Galarumba".

-tapez "Martha Galarraga" dans Google et vous obtiendrez… 18 100 réponses!!
-essayez "recherche par image" et vous obtiendrez… 6 470 réponses.

Voici maintenant quelques éléments discographiques de la carrière de Martha: (il en existe bien d'autres)

(Cuba: Lázaro Ros - Olorun)


(Cuba: Oba-Ilú - Santeria)


(Cuba: Yoruba Andabo - Del Yoruba al Son)


(Cuba: Afrekete - Iyabakuá)

(Hollande: Mark Lotz - Cuban Fishes Make Good Dishes)


(Allemagne: Bayuba Cante - Cheba)


(Allemagne: Bayuba Cante - Orunmila's Dance)


(USA: Omar Sosa - Sentir)


(USA: Omar Sosa - Prietos)


(USA: John Santos - La Guerra No)


(France: Madomko - d'Ouest en Ouest)


SON CURRICULUM VITAE:

(Avec Bayuba Cante en Allemagne)


-Martha est née en 1969 dans le quartier de Luyanó à La Havane.
Elle est la Fille du grand chanteur et joueur de tambours Lázaro Galarraga, membre-fondateur du Conjunto Folklórico Nacional de Cuba, un des plus grands chanteurs de sa génération, dans le style Yoruba.
-En 1990, à l'âge de 21 ans, elle entre elle aussi au Conjunto Folklórico Nacional, où elle restera huit ans, comme danseuse, puis comme chanteuse-soliste.
-Parallèlement, elle officie dans les rituels yoruba à La Havane.
-À la fin des années 1990 elle vient vivre en Europe. Son départ de Cuba l’amène en Allemagne où elle va travailler à ses premières productions musicales, en collaboration étroite avec le conservatoire de Rotterdam tout en chantant dans un groupe de salsa « Macumbachè » à Frankfort. Elle vient ensuite vivre à Paris, où elle enseigne à l'ISAAC (Institut Supérieur des Arts Afro-Cubains).
-Elle entre dans le groupe d'Omar Sosa, un des artistes phares de la scène Latin-Jazz mondiale, avec qui elle chantera au Carneggie Hall. En 2000, sa rencontre avec Omar SOSA, que Martha ne cessera de qualifier de merveilleuse sur le plan musical et humain, l’amènera sur toutes les grandes scènes internationales : les USA, le Japon, le Maroc, Porto Rico, le Brésil pendant 4 années, entourée des plus grands musiciens à commencer par Omar SOSA lui même au piano et Gustavo OVALLES aux percussions.
-Elle forme son propre groupe en 2003: Martha y su Galarumba.
-Depuis qu'elle vit en Europe, Martha a animé de nombreux Masterclasses de chant et de danse en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en France.

(Avec le Conjunto Folklórico Nacional
extrait du film "In Cuba they're still Dancing")


(Avec Lucumí dans le film de Tony Gatlif)


(À La Havane avec Rumberos de Cuba)


(En Allemagne à Darmstadt)


(Toujours en Allemagne)


(Avec Bayuba Cante)

jeudi 26 février 2009

Listentoyourears: appelé à disparaître!!

Voici un nouvel article alarmant pour vous prévenir de la disparition annoncée du magnifique blog de Yoyo. Ce dernier vient en effet de créer un nouveau blog ou seuls des internautes triés sur le volet (dont nous avons la chance de faire partie) pourront télécharger les trésors que Yoyo mettra à leur disposition.
En attendant la disparition prochaine de ce blog nous attirons votre attention sur quelques perles qu'on peut encore y trouver. Parmi plus de 220 albums de musique caraïbe de toutes sortes nous y avons sélectionnés:

(Foto: Yoyo)

1-Merceditas Valdés "Aché" (Siboney LD230)
L'album est ici dans sa version originale, avec sa pochette originale. Merceditas est ici accompagnée soit par "los Tambores de Jesús Pérez", soit par Frank Emilio y Los Amigos. On connaît mieux les ré-éditions de ce disque sur lequel itótele est joué - selon certaines sources - par Milián Galí. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

(Foto: Yoyo)

2° -La Música del Pueblo de Cuba (Egrem LD3441)
Il s'agit d'une compilation (musique afro-cubaine, campesina et Son) contenant quelques plages rares comme:
-deux morceaux abakuá d'origine non-précisée, probablement havanais, l'un de 1950, l'autre de 1960;
-deux "cantos a Oduduá" (1950 et 1963) dont le second est chanté par Lázaro Ros et figure dans d'autres albums;
-un extrait des enregistrements de Lydia Cabrera de batá à Babalú Ayé et Yegguá de 1950, annoncé à tort comme matancero (car en fait havanais), mais beaucoup mieux enregistré que sur les cds ré-édités: on y entend enfin clairement la partie d'iyá;
-un toque de yuka inédit;
-un toque de comparsa carabalí;
-un toque de Tumba Francesa.
La partie rumba est également digne d'intérêt puisqu'on y trouve un enregistrement unique de coro de clave par le Coro Folkórico Cubano - originellement sans doute une chanson du répertoire du Coro "La Claridad" dont voici le texte:
Aquí falta una voz, ay, una voz (bis) (ay, una voz)
Fue tan pura y melodiosa
Tan bella y armoniosa
Que no tuvo rival, no, no hay otra igual

Aquí falta un clarín de mi clave…
Aquí falta su voz, que se acabó… (que se acabó)

Si yo, oigo un día decir, ay, sí, decir
Que tú te me vas a morir, ay, a morir (ay, a morir)
Por tí, volveré vida mía
A tu lecho de agonía, a besar tu mano fría
Para llorar y sufrir (bis)


"Como Brillan las Estrellas" est un autre Coro de Clave.
Les trois rumbas figurant ensuite sur le disque sont totalement inédites. Le Yambú fut enregistré lors d'un festival de rumba (amateur?) à Matanzas en 1974. Le guaguancó est magnifique et date de 1972. La columbia semble avoir été enregistrée dans les mêmes conditions que le yambú, et la partie de quinto est magnifiquement audible.
Le reste du disque comprend des Sones, Guarachas, Puntos et Charangas. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

(Foto: Yoyo)

3° -Grupo Guaguancó Matancero - Papín y Otros (Antilla MPLP 595)
Il s'agit d'une compilation moitié rumba, moitié musique populaire, où apparaissent Los Papines, Los Muñequitos de Matanzas sous leur ancien nom, Merceditas Valdés et Laito y su Conjunto. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

Parmi les enregistrements de musique caraïbe intéressants nous avons noté:

(Foto: Yoyo)

1° Divine Horsemen (Lyrichord LLST 7341).
Indispensable. Il s'agit de la bande-son du documentaire américain de Maya Deren (heureusement cette fois-ci amputée des commentaires en anglais) sur le Vaudou haitien réalisé… entre 1947 et 1951. Le son des tambours y est exceptionnellement clair, plus encore que dans bien d'autres enregistrements "de terrain". Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

(Foto: Yoyo)

2° Musiques de Guyane (BAM LD 308M)
Celui-ci contient quelques plages intéressantes de chants traditionnels. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

(Foto: Yoyo)

3° Surinam (Phillips 831 231 PY)
Ce disque contient des enregistrements très intéressants de l'ensemble Winti de Wilfredo Cairo, dont la musique rappelle fortement certaines musiques afro-venezueliennes. On notera la présence d'un tambour apinti, d'origine probablement béninoise. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

(Foto: Yoyo)

4° East Indian Drums of Tunapuna, Trinidad
(ROAD Recordings 518).
Cette fois-ci il s'agit de musiques des travailleurs indiens importés à Trindad après l'abolition de l'esclavage. Ce disque est de moyenne durée: seulement quatre plages. Pour accéder à ce disque CLIQUEZ ICI

Vous trouverez encore bien d'autres joyaux sur le site - que vous nous laissons découvrir.

lundi 16 février 2009

Soutien à listentoyourears.blogspot.com


Ceci est un message de soutien au magnifique blog "listentoyourears.blogspot.com" qui depuis quelques mois met en ligne de nombreux anciens vinyls de musique de toute le Caraïbe, pour la plupart introuvables. L'internaute 'Yoyo' qui est à l'origine de ce blog est prêt à suspendre son activité, écoeuré qu'il est de retrouver régulièrement sur d'autres blogs son travail sans même un remerciement ni un lien.
Il nous a été IMPOSSIBLE DE LAISSER DES MESSAGES SUR CE BLOG, sans comprendre pourquoi. Cet article est donc la seule manière pour nous de lui manifester notre soutien.
Nous lui disons bien haut: "Vive listentoyourears et honte aux plagiaires!!".

This article is a support message to the "listentoyourears.blogspot.com" superblog, where many unfindable treasures of caribbean music are put online since several months already. "Yoyo", the owner of that blog is fed up by watching other blogs stealing and copying his work, without leaving any link or thank. He is then about to stop his blog.
It always has been IMPOSSIBLE TO US TO LEAVE A MESSAGE ON THAT BLOG, without understanding why, so: the only way to support Yoyo is to write this article.
Here we say out loud: "Long live to listentoyourears and shame on plagiarism!!"

Este artículo es un mensaje para sostener al superblog "listentoyourears.blogspot.com" donde pueden encontrar joyas de la música cubana y caribeña en general. "Yoyo", el dueño de este blog seha vuelto loco al encontrar en otros blogs su propio trabajo sin darle gracias. Su superblog ahora lo quiere sospender.
Como siempre nos ha sido imposible dejar ningun mensaje en este blog, la uníca manera de brindarle ayudad es escribir este mensaje. Entonces ahora aquí lo gritamos:
"Qué viva listentoyourears y abajo los ladrones".

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